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Le label Qualité français langue étrangère | Label Qualité FLE

Label d’État administré par le Centre international d’études pédagogiques, le label Qualité français langue étrangère a pour objectif d’identifier, de valoriser et de promouvoir les centres de français langue étrangère dont l’offre linguistique et les services présentent des garanties de qualité. Il y a aujourd’hui une centaine de centres labellisés, de tous statuts, dans toute la France ce qui permet au plus grand nombre d’apprenants de trouver un centre adapté à la formation qu’il recherche .

Créé par décret en 2007, le label est délivré par le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, le ministère de la culture et le ministère de l’Europe et des affaires étrangères

Au-delà de sa mission première de proposer une offre fiable de cours de français dans le paysage des centres d’enseignement du français langue étrangère en France, le label permet aussi d’accompagner les centres dans le développement d’une démarche progressive d’amélioration de la qualité des services – que ces centres soient ou non candidats à la labellisation – dans la mesure où tous les outils sont disponibles et adaptés pour une auto-évaluation.

DELF DALF Exam Preparation at French in Normandy

FRENCH IN NORMANDY

3D Dedicated DELF DALF Exam Preparation Course


COURSE DESCRIPTION: This is our VERY special and unique in France exam preparation course of 25 hours per week including:

15 hours of general group lessons + 10 hours per week exam preparation workshops + free access to our daily language Clubs.

The morning classes (09:30 – 11:00 & 11:30 – 13:00) are devoted to improving general levels of vocabulary and structures, and working on basic oral skills and listening comprehension.

The afternoon sessions (14:00 – 16:00) are dedicated to mastering the complex exam techniques required by the French. Students will receive a personalised programme that concentrates on the areas where they feel they are weakest, typically the written expression exam and the oral exam. All 4 skills are covered, and each student has a mock oral test weekly with individual feedback.

Each student has a personalised progress and task chart where they can see what it is they have to do for every skill every week.

MATERIALS

We give students a DELF or a DALF preparation book on top of the ordinary French in Normandy grammar and exercise book that all students receive. The grammar part is important as many students have some basic problems with certain rules or lexicon, and they can be helped to eliminate these by using this part of their material.

In today’s world, most of our students arrive with a lap-top, smart phone or tablet, so we encourage students to put them to good use during their stay with us and to use these as an integral part of their personalised programme. By connecting to French in Normandy’s google drive, they can receive individually prepared worksheets, comments and engage with their teacher.

However, these tools are not obligatory, and students who come without such equipment are in no way penalized. Students can ask for a personalized programme on a USB stick or for paper versions of worksheets or whatever support suits them best.

EXAM LOCATION: Students take the exam in Rouen town centre with us at a training centre “Education and Formation” and results arrive around 5/6 weeks later.

REGISTRATION: French in Normandy publishes a calendar with all the exam and registration deadline dates for the year. The school can either do the registration for you (extra cost 60€), for example if the deadline is before your arrival or we can guide you how on do it on arrival.

You will need a copy of your passport or ID, 2 photos, a stamped addressed envelope (French stamps to the value of your home address) and black pens!

COURSE COSTS: (Examination fees/booking not included)

For 1-8 weeks: 330 € per week

For 9+ weeks: 319 € per week

Registration: 60 euros and Material fee: 110 euros

Special promotion: book 10 weeks or more and we will give you the exam free.

Courses run all year round starting any Monday, and the exam calendar is in the French in Normandy DELF DALF brochure enclosed.

CLASS SIZE: A maximum of twelve students.

ORAL TEST PREPARATION: Each student has a mock oral test every week with personalized feedback

LEVELS: Most of our DELF DALF students take B2 (15%) and C1 (12%) but we always have C2 (3%) and our results are excellent with a 97% overall pass rate in 2017.

Learn more or contact us to register.


DELF & DALF Enquiry


 

Formation de formateurs: Une perspective actionnelle pour le français au Monténégro


L’enseignement par les tâches répond-t-il aux besoins des enseignants de français dans les Balkans ?



Un ciel cérulescent sur une mer d’azur aux reflets turquoise dessine les contours de rochers déchirés qui se glissent en douceur sous ce voile que paraît être l’Adriatique, à ma droite. À ma gauche, ce sont les sommets enneigés des Alpes dinariques qui renvoient la lumière du soleil pour découper l’horizon.  La splendeur de la côte monténégrine est difficile à décrire. Quelques kilomètres de routes et la roche ocre et tannée, persillée de conifères odoriférants, se métamorphose en blocs superposés de granits usés, habités ça et là d’arbustes au feuillage chatoyant déjà des rougeurs multiples d’un automne qui semble pourtant encore lointain au voyageur d’Europe du Nord que je suis, tant l’air est doux et embaume la Méditerranée. Crna Gora, les Montagnes Noires, qui ont donné leur nom à ce pays.

Je ne soupçonnais pas ma chance quand j’ai été invité par l’association des professeurs de français du Monténégro, je ne soupçonnais pas le cadre dans lequel j’allais être reçu ; depuis ma chambre d’hôtel, un paysage sorti d’un film de Frederik Rossif.

L’équipe au grand complet des organisateurs et des membres de l’APFM est d’une vaillance prodigieuse. Les conditions du déploiement – ou devrais-je plutôt dire du maintien – de l’enseignement du français dans ce petit État yougoslave, indépendant depuis 2006, sont en effet particulièrement ténues. La lutte des langues y a toujours été vivace, évidemment. Autrefois à l’interface des empires austro-hongrois et ottoman, lieu d’intérêt géopolitique et de villégiature des empires napoléonien et russe également, les habitants du Monténégro ont toujours dû tantôt sourire et tantôt grogner, tantôt se soumettre et patienter afin de pouvoir, enfin, se révolter, pour que survive leur identité joyeuse, noble, indéfiniment mélancolique et, surtout, résolue à être. Qu’il est complexe, également, d’avoir en partage avec ses voisins une même langue (le serbo-croato-bosnico-monténgrain… mais pourquoi diable ne pas l’appeler tout simplement le « jezst », la langue ?) et, pourtant, de ne pas constituer le même peuple. La période yougoslave, qui avait su les rassembler sous la botte de Tito, y avait partiellement réussi. Une nostalgie de cette réussite fédérale est perceptible, mais que personne n’ose affirmer désirer revivre, car le spectre totalitaire n’inspire vraisemblablement aucune des âmes éprises de liberté que j’ai pu rencontrer à Rafajlovici.

Aujourd’hui, alors que la principale opportunité professionnelle des jeunes paraît de plus en plus se réduire soit au tourisme, soit à l’émigration, les choix faits par les responsables en terme de programme d’éducation aux langues se tournent, donc, essentiellement, vers ceux, parmi les idiomes des voisins, qui pourront permettre d’accueillir et de vendre du service, ou bien alors d’ouvrir la porte d’une émigration organisée et prometteuse d’une carrière véritable et d’une vie apaisée. Sur ce plan-là, notre voisin germanique, qui a bien conscience de son besoin d’aspirer les cerveaux bien formés des pays satellites de l’Europe et plus pauvres, ne masque pas un instant sa volonté de ratisser dès les bancs du collège. Et puis les Russes sont les plus nombreux sur les plages et dans les boîtes de nuit. Pour le français, l’image – et l’héritage – aristocratique paraît avoir de plus en plus de mal à faire son effet, la tendance du siècle étant manifestement au pragmatisme de l’urgence.

Ce n’est pas sans fierté, cependant, que les professeurs de français du Monténégro parlent de leur grand roi Nikola II, francophile engagé, qui fit venir de l’hexagone médecins et autres ingénieurs, pour faire sortir son pays du moyen âge post-ottoman et l’ouvrir au monde des échanges des biens et des idées.

C’est ainsi que, en recherche d’une manière d’enseigner plus efficace et saisie par la puissance pédagogique des propositions de l’approche neurolinguistique auxquelles elle a pu s’initier lors de notre stage de juillet 2017 à French in Normandy, une enseignante particulièrement impliquée dans l’APFM m’a invité à me joindre à leur congrès annuel avec ma panoplie usuelle de propositions pédagogiques. La thématique de ces rencontres, toutefois, avait été décidée avant même qu’on me sollicite. Suggérée par l’Insititut Français, premier collaborateur et aide précieuse aux actions de l’APFM, il s’était donc agi de faire le point sur la « perspective actionnelle ». La chose ne m’est pas étrangère, puisque je m’étais appliqué, avec toute l’équipe de l’Institut Français de Tokyo, de 2007 à 2011, à la mettre en place méthodiquement et à l’adapter au terrain d’enseignement où j’œuvrai alors (nous avions même organisé des GEP dans cette perspective, échanges et analyses de pratiques sur la base de films de classe en 2010). Mais bien sûr, près d’une dizaine d’années après son apparition et le retour de tentatives faites aux quatre coins du monde, je ne pouvais pas faire connaître le projet « d’approche actionnelle », ses théoriciens et ses concepts clés, sans amener mes stagiaires à l’envisager sous un angle critique (ce que nous avions nous-mêmes fait, avec Jean-Philippe Rousse et Gaël Crépieux, quand nous avions conçu Interactions, qui reprend tout des recommandations concernant l’approche par compétence du Conseil de l’Europe, en évitant soigneusement de l’adosser à un jargon encore à la mode, à cette époque, au moment de sa parution, et surtout, pour nous pédagogiquement flou et conceptuellement totalement praxéologique).   

J’ai fait de mon mieux pour faire comprendre l’enjeu de l’engagement d’une perspective actionnelle dans les classes, du développement du plurilinguisme et du pluriculturalisme, ce projet du Conseil de l’Europe auquel, d’ailleurs, j’adhère intégralement. Il ne pouvait de toute façon que résonner fortement aux oreilles monténégrines, où un écho des bombardements pas si lointains dans le temps sur les Républiques proches est encore perceptible. Mais je ne peux m’empêcher de me demander, après nos séances de travail, si les réflexions menées sur les « tâches » et autres « projets » de classe, leur dimension « d’agir social », « réels » ou « réalistes », correspondent comme cela le devrait aux préoccupations de terrain des enseignants qui sont, comme partout – mais peut-être avec un peu plus d’urgence ici – de donner envie aux apprenants de participer dans la classe de français, d’y venir avec la joie au ventre, de réussir à leur faire utiliser aisément notre langue française avec un phrasé adéquat et précis. J’espère donc que les flèches lancées en direction de l’approche méthodologique canadienne qui a été évoquée leur donneront l’envie d’en savoir plus et, qui sait, me donneront une nouvelle fois l’occasion de revoir les chatoiement suaves du soleil reflété par la mer Adriatique et d’écouter une nouvelle fois les voix magiques de ces magnifiques professeurs des Balkans chantant à l’unisson.



 

Où l’approche neurolinguistique a passé un CAP (Congrès Asie Pacifique)


Du 20 au 24 Septembre 2017, le IVe CAP (Congrès Asie Pacifique) de la FIPF s’est tenu à l’Université de Kyoto et à l’Institut français du Japon-Kansai. Un moment charnière dans l’évolution de l’enseignement du FLE.



Congrès Asie PacifiqueFrench in Normandy est, à ce jour, la seule école de France a avoir porté un intérêt à l’Approche Neurolinguistique.
Elle a embauché ces deux dernières années trois enseignants formés à cette approche, les seuls à la pratiquer dans toutes l’Europe jusqu’à maintenant. Sans avoir mis en œuvre une réforme intégrale ou brutale de ses pratiques pédagogiques, elle encourage l’adaptation progressive  et contextualisée des stratégies d’enseignement proposées par cette méthodologie, initialement élaborée au Canada, puis qui a essaimé en Chine et se développe actuellement de plus en plus au Japon, en Colombie ainsi qu’en Iran.

J’avais été à l’origine de la première formation initiale, complète, à la fois théorique et pratique, à cette approche – désignée sour l’acronyme ANL – au Japon, en mars 2015. C’est à ce titre que j’ai été sollicité, il y a quelques mois, pour intervenir au quatrième congrès de la Fédération Internationale des Professeurs de Français pour la zone Asie, à y présenter l’état actuel de mon travail concernant ce domaine, que je mène en collaboration avec le Dr Steeve Mercier de l’université Laval, et à participer à une table ronde sur les difficultés relatives à l’adoption de ce « nouveau paradigme » pédagogique.Congrès Asie Pacifique

Les cinq journées qui viennent de se dérouler, dans le magnifique cadre de l’université de Kyoto et de l’Institut
Français de cette même ville, auront fait  battre mon cœur à plus d’un titre. Tout d’abord, parce que les Congrès Asie Pacifique de la FIPF sont un évènement majeur pour la diffusion de la langue et de la culture de France, évidemment, mais aussi parce que c’est au travers de ces congrès que j’ai perçu, il n’y a pas loin d’une dizaine d’année, l’ampleur et l’enjeu de la diversité des langues française et des cultures francophones. Il y a, lors de la rencontre des enseignants de langue de pays aussi variés que l’Australie et le Vietnam, l’Inde et la Mongolie, la Nouvelle-Zélande et la Corée (pardon pour la longue liste des pays participants que je ne peux prendre la peine d’énumérer dans ces quelques lignes), quelque chose d’extraordinaire qui se joue pour notre idéal de paix mondiale. Au travers des échanges d’idées et de pratiques pédagogiques, au travers de débats, parfois acerbes, les esprits s’éclairent d’idées lumineuses. Une averse de ces petits moments d’intercompréhension où les différences culturelles se trouvent dépassées par la passion pédagogique qui nous relie.

Les incompréhensions, toujours possibles avec ceux dont on ignore tout, sont convertis en un accès à l’altérité. Malgré les coutumes et les postures liées à la fonction et à la nation d’appartenance, tous tendent la main et l’oreille pour se dire et se comprendre. Le type d’évènement, donc, qui trace le sillon d’un avenir un peu plus optimiste que celui qui nous est quotidiennement présenté par les médias grands publics. 

Congrès Asie PacifiqueLe Congrès Asie Pacifique de la FIPF a fait battre mon cœur parce qu’il s’est tenu au Japon, pays où j’ai passé un tiers de mon existence, pays qui a guidé ma démarche intellectuelle durant le double de temps, avec lequel je me suis marié mais qui, s’il fait définitivement partie de mon foyer, est actuellement géographiquement éloigné pour moi. J’étais donc très heureux que ce magnifique évènement francophone se tienne dans ce pays unique à tout autre pour moi, et aussi très fier que le Japon m’ait invité à me joindre à lui à cette occasion, à Kyôto, la capitale impériale, splendide incarnation urbaine de l’esthétique traditionnelle nippone. On ne pouvait souhaiter un espace plus resplendissant pour les retrouvailles de ces Lumières francophones du grand est.

Enfin, ce CAP FIPF me paraît marquer un tournant dans l’histoire de l’enseignement des langues ou, à tout le moins, pour l’enseignement du FLÉ/FLS, car, depuis un peu plus de 9 ans que j’ai découvert l’approche neurolinguistique, je dois dire que, pour pragmatique que soit son orientation et empirique que soit sa démarche, c’est bien la première fois qu’elle n’est plus évoquée en terme de curiosité pédagogique mais bien présentée comme une perspective essentielle et à prendre en compte pour répondre au besoin actuel d’un enseignement efficace des langues. Le Cadre Européen de Référence pour les Langues est dans tous les esprits désormais. Nous autres enseignants de langue savons où nous devons mener nos apprenants. Le « quoi » apprendre ne fait plus guère difficulté. Mais le « comment » l’enseigner continue à poser des problèmes. Faire non pas seulement apprendre des langues mais bien les acquérir, au sens de développer une habileté à communiquer réellement, avec aisance et précision, voilà l’enjeu. C’est pour moi, à n’en pas Congrès Asie Pacifiquedouter, parce que les propositions de l’ANL répondent à ces préoccupations des enseignants que nous avons pu assister, lors du congrès de cette année, à plus de dix présentations portant sur les techniques pédagogiques des praticiens de cette approche, puis à la table ronde extrêmement constructive portant sur « les difficultés d’implantation de l’approche neurolinguistique en milieu asiatique » qui aura clôt les échanges.

L’assemblée des enseignants, des universitaires et des institutionnels rassemblés y ont en effet dégagé l’idée que, pour ceux qui auront choisi une démarche scientifique, s’appuyant sur une théorie de l’acquisition empiriquement fondée et prônant l’évaluation des résultats des stratégies d’enseignement, il n’est plus temps de se préoccuper des difficultés liées à des oppositions de principe, de posture ou d’organisation : désormais, il devra s’agir d’analyser les contraintes propres à tout cadre éducatif afin de pouvoir tirer profit, là où on enseigne, des résultats enthousiasmants du FI (Français Intensif), mouture initiale de l’approche développée au Canada, et actuellement toujours modèle des dispositifs ANL qui ont pu se développer aux quatre coins du monde.

En bref, l’intérêt grandissant manifesté pendant ces cinq jours dans les discussions et les demandes de formation pratique qu’on m’a faites pour cette méthodologie, qui aura vingt ans l’année prochaine, témoigne que, manifestement, l’ANL a passé un cap !

Olivier Massé
Kyoto, Japon


 

 


 

« Une langue proche pour aller loin » …

« Une langue proche pour aller loin », ou l’enjeu de l’interculturel que dévoilent les préoccupations linguistiques

L’azur lumineux du ciel de méditerranée, pourfendu par les fumées de l’Etna, nous rappelle qu’ici Ulysse dut trancher la tête de la Méduse à l’aube de nos civilisations. Splendeur de l’architecture arabonormande, parfois teintée de mosaïquesles preoccupations linguistiquesbyzantines, l’omniprésence des églises aurait pu être accablante si chacune d’elle n’était une pièce incomparable dans un défilé de chefs d’œuvre extraordinaires qui nous racontent mille an d’histoire de l’art. La Sicile, à la croisée des mondes grec, carthaginois, romain, puis arabe, normand, ottoman, espagnol… et il m’en manque certainement…

Quel cadre extraordinaire pour ces quatre journées de formation (Palerme, Caltanissetta, Catane, Barcellona Pozzo di Gotto) consacrées à former des formateurs à devenir à leur tour… formateurs de formateur. Bon, j’en conviens, cette espèce de périssologie est fort lourde et le premier qui l’a commise a fait preuve d’une évidente maladresse dans sa formulation ; néanmoins, c’est bien le terme consacré dans le monde de la formation, notamment, chez les profs de langue. On m’a donc demandé d’intervenir auprès de professeur d’écoles, de collèges ou de lycées de l’île du sud de l’Italie, qui auront bientôt en charge l’accompagnement d’autres enseignants qui devront, eux, introduire la langue et la culture française à des petits du primaire et aussi de maternelle.

Quand bien même j’ai eu le bonheur d’enseigner le théâtre et le kendô à des enfants, à vrai dire de tous âges, quand j’étais encore tout jeune homme, je dois avouer que j’étais assez inquiet de cette rencontre avec ces professeurs italiens, car je n’ai jamais enseigné le français langue étrangère à des petits (même si j’ai plusieurs fois accompagné quelques professeurs dans la mise en place de leurs dispositifs de classe alors qu’ils se préparaient à entreprendre des « cours enfants » en Asie). Bref, j’allais avoir affaire à des enseignants ayant nécessairement une bien plus grande expertise de ce qui serait à transmettre à leurs stagiaires, futurs professeurs de français, que moi-même. Comment aborder la chose ?

Les années passées à mettre en œuvre plusieurs actions de démarches qualité pour les Instituts Français, d’une part, ainsi que les travaux de réflexivité pédagogique menés lors des séances du module Pratique de classe pour le DUFLE Japon, d’autre part, les formations « kaizen » données en Alliance Française, enfin, m’ont cependant appris à faire formuler, par les enseignants, les objectifs, les étapes et les démarches nécessaires à l’élaboration des processus de formation adaptés à leur cadre d’action.

C’est ainsi que, avant de livrer quelques outils pratiques et, surtout, de rendre compte des parcours déjà suivi par d’autres enseignants pour réaliser des outils de formation utiles, nous avons d’abord défriché le terrain pédagogique sicilien à partir d’une maïeutique des spécificités de leurs apprenants. J’en tire deux observations remarquables, dignes, me semble-t-il, d’être livrées à la communauté des lecteurs numériques de mes méditations pédagogiques.

Tout d’abord, lorsqu’on interroge les enseignants italiens sur le ressenti de leurs élèves, ou bien des parents de leurs élèves, ceux-ci nous disent que leurs principales préoccupations par rapport à la langue française sont… la prononciation et la grammaire. La prononciation et la grammaire ? J’ai trouvé cela assez surprenant, car, de mon côté, une belle histoire d’amour, qui m’a fait passer de l’adolescence à ma vie de jeune homme, m’a permis d’apprendre la langue italienne sansque jamais je ne me questionne ni sur l’une, ni sur l’autre. Et d’ailleurs, ma petite amie de l’époque (qui est désormais, elle même aussi, professeur de langue à New York) ne me semble pas avoir exprimé la moindre difficulté quant à ces deux points quand, en parallèle, elle a appris la langue française. Prononciation ? Grammaire ? Pourquoi ces réactions ? Pourquoi ces inquiétudes linguistiques ? Je vous avoue que j’ai la réponse clairement en tête, de même que les moyens de les guérir définitivement et assez aisément. Mais je ne vous livrerai mon secret que si vous suivez une formation en neurolinguistique !

Surtout, ce dont je voudrais prendre acte aujourd’hui, c’est le fait que, quelques soient les langues, qu’elles soient considérées comme « lointaines » (comme le japonais, le swahili ou le chinois) ou qu’il s’agisse de langues dites « proches » (en l’occurrence pour nous les langues romanes, – italien, espagnol, portugais, roumain et quelques autres), ce qui achoppe, quand elles sont apprises en classe, c’est systématiquement la même chose : prononciation et grammaire. Cela révèle assez nettement que la catégorisation en « langues proches » et « langues lointaines » n’est manifestement d’aucune utilité pour les enseignants, qui sont systématiquement confrontés aux mêmes difficultés, quelles que soient les langues. Catégorisation linguistique, descriptive donc, dont on ne voit guère ce qu’on peut en tirer du point de vu pédagogique s’il s’agit de développer l’aisance dans l’échange en langue étrangère.

Dans le même temps – et c’est la seconde chose que j’ai retenu de cette première expérience sicilienne – il est bien évident qu’il y a un accès aux « langues voisines » beaucoup plus rapide, parfois même presque immédiat, tant qu’il y a une transparence dans le lexique, dans les structures, dans les manières de se comporter et les référents culturels. Cela dit, il faut rester prudent : les faux-amis sont légions dans le lexique et, quand aux codes gestuels, il s’en trouve aussi. Bien sûr, on ne peut pas décoder le sens de la tête incliné des Japonais tant qu’on n’a pas appris ce code de leur langue silencieuse, mais il serait naïf de croire que les mouvements de mains qui accompagnent les propos des Italiens ne sont que des jeux d’emphase et des appels à la connivence, – certains se trouvant être de véritables phrases à part entière qui n’ont pas d’équivalent en français.

Retenons en tout cas que les locuteurs de langues latines peuvent aisément entrer dans les textes qui sont écrits dansd’autres langues latines et, ce faisant, faire l’expérience de… ce que… finalement, il ne comprennent pas, ou pas bien. En fait, contrairement à la confrontation à une langue-culture très éloignée, qui exige beaucoup de patience dans l’apprentissage avant de rendre possible la découverte de l’inattendu, l’entrée dans les langues proches permet – si j’ose dire, à moindre frais – de faire l’expérience interculturelle fondamentale de la différence et de la proximité. En apprenant les langues, en côtoyant leurs locuteurs surtout, on découvre des habitudes qu’on ignore, des comportements inattendus qui sont usuels chez d’autres peuples et qui rendent relatives nos évidences. C’est le point de départ du développement des compétences intercuturelles : capacité à identifier ses représentations, à les relativiser, à concevoir que d’autres représentations sont possibles, à juger de la valeur d’universalité – ou non – de certaines attitudes et de certains comportements.

Voilà un argument de poids pour encourager les petits européens à se jeter sans hésiter dans l’expérience de l’apprentissage d’une langue proche. « Une langue proche pour aller loin », brillante formule promotionnelle forgée par l’Institut Français d’Italie. Car là se trouve l’enjeu éducatif de l’apprentissage du français par les petits italiens – et il devrait en être de même de l’apprentissage de l’italien par les petits français : former aussi tôt que possible des citoyens européens, dont les aptitudes interculturelles les rendront capables de dialoguer ensuite avec le monde entier !

Olivier Massé
Palerme, Sicile, le samedi 16/09/2017

 


 

CIEP, Qualité FLE & French in Normandy

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Communiqué de Presse
CIEP Invites French in Normandy to Discuss the Qualité FLE Label
March 19, 2012
By: http://www.ciep.fr/

QUALITÉ FLE (French as a Foreign Language) and CIEP (Centre International des Etudes Pedagogiques) organised a 2 day seminar bringing together professionals from all sectors of this thriving sector in the world of international education. As part of the programme the CIEP invited Eleri Maitland who is responsible for Marketing, Pedagogical and Quality at French in Normandy, to share her experience of the audit and how the requirements of this prestigious accreditation have contributed to French in Normandy’s success and reputation.

Eleri told us that “French in Normandy is proud to be the CIEP’s partner and hope that this is the first of many such meetings”.

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Le 18 et 19 mars 2013, le CIEP (Centre International d’Etudes Pédagogiques) a invité des professionnels du monde du Français Langue Étrangère à participer à deux jours de réflexion, d’échanges et d’information sur le label Qualité FLE.

Dans le cadre de ce premier rendez-vous dédié à la promotion du label qualité FLE et à l’importance d’une démarche qualité au sein des établissements enseignant le français, le CIEP a demandé à Eleri Maitland, Directrice Marketing, Pédagogique et Qualité de French in Normandy, de partager son expérience et d’expliquer comment le label a contribué à la qualité et au succès de l’école.

French in Normandy est très fière d’avoir accompagné le CIEP dans cette démarche innovante et dynamique.

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http://www.ciep.fr/conferences/assurance-qualite-dans-enseignement-du-fle/index.php

http://www.ciep.fr/conferences/assurance-qualite-dans-enseignement-du-fle/docs/programme-seminaire-assurance-qualite-dans-enseignement-du-fle.pdf